
CONSTAT
Les conditions de vie en Afrique de l’Ouest ne sont pas satisfaisantes du fait d’un choix d’une forme d’agriculture qui détruit les sols et n’est pas efficace en termes de production. Il s’agît principalement d’une agriculture dite conventionnelle, encourageant la pratique de monocultures et une utilisation massive de pesticides. Les agriculteurs font face à de nombreuses difficultés et au changement climatique qui ont pour conséquence une diminution importante des revenus agricoles.
Au Sénégal, l’agriculture fait vivre 60 à 65% de la population active. L’agriculture familiale représente 95% des exploitations. Les petits(es) producteurs (trices) sont cependant confrontés(es) aux difficultés d’accès aux facteurs de production (semences et intrants, financements, formation) et les produits agricoles locaux manquent de valorisation. L’économie agricole et rurale ne cesse de s’appauvrir et la situation s’aggrave avec le changement climatique, la désertification et la perte de fertilité des sols usés par l’utilisation intensive d’intrants chimiques.
Dans ce contexte, les jeunes se détournent des activités agricoles, ne se voyant pas vivre de manière décente en tant qu’agriculteurs. Certains partent vers les villes trouver de petits boulots, d’autres envisagent l’émigration comme une solution leur permettant de contribuer aux revenus familiaux.
Enfin, la production nationale de fruits et légumes ne suffit pas à répondre à la demande. L’accès aux produits agricoles est insatisfaisant pour les ménages et les produits importés, ou non-locaux du fait des transports, contribuent à la destruction de l’environnement. L’insécurité alimentaire touche aujourd’hui environ 20% des ménages sénégalais, avec une incidence plus forte en milieu rural.
LES OBJECTIFS DU PROJET
Modifier les pratiques agricoles et développer des pratiques durables peut permettre de lutter contre la destruction de la planète et le changement climatique, d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs, d’accéder à une alimentation saine pour les ménages et de dynamiser l’économie locale.
Nous proposons un projet répondant aux enjeux de souveraineté alimentaire, d’emploi rural, de protection de l’environnement et de solidarité.
Ce projet vise donc à :
- Améliorer la sécurité alimentaire
- Favoriser l’agriculture durable : expérimenter et s’approprier des modèles d’agriculture viables et reproductibles pour les transmettre et les multiplier
- Améliorer les conditions de vie des agriculteurs (trices) et notamment des groupements de femmes
- Développer les circuits courts, dynamiser l’économie locale
- Recréer une solidarité économique, sociale et écologique
- Lutter contre l’exode rural
Par quels moyens ?
Pour mettre en œuvre ce projet et atteindre nos objectifs, nous souhaitons :
- Expérimenter un modèle de production agroécologique inspiré des principes de la permaculture et adapté au contexte sahélien
- Assurer la production autonome et la vente d’une alimentation saine et de qualité, respectueuse de l’environnement et de la biodiversité
- Permettre la valorisation des produits locaux grâce à la transformation
- Créer une dynamique collective d’expérimentation et de promotion de l’agroécologie
- Apporter un soutien aux groupements de femmes par la formation et la possibilité de cultiver une parcelle
- Former les jeunes locaux aux techniques permacoles et d’agroécologie

LES ÉTAPES DU PROJET
- Formation de membres de l’équipe à l’Agroécologie et recherche de soutien conseil dans la phase de conception du projet.
- Demande d’obtention d’une parcelle de 15ha en mars 2022 sur la commune de Orkadiéré
- Étude du terrain, élaboration du type de ferme, du design, des éléments à implanter, captations des énergies
- Travaux d’aménagement : réalisation d’un puits, clôture, construction d’habitations, d’un bâtiment agricole, poulailler, salle de formation
- Plantation d’arbres (fruitiers, mellifères, fertilisants..) choisis en fonction de la zone et de leurs caractéristiques, strates de végétation (arbustes, diversification de plantes) Développement du maraîchage et de cultures céréalières en agroforesterie
- Développement de l’élevage en plein air avec traitements naturels (plantes médicinales)
- Développement des réseaux de distribution des produits agricoles sur les marchés locaux et magasin à la ferme
- Mise en place d’une unité de transformation des produits agricoles
- Mise en place de modules de formation pour les groupements de femmes
- Stages ou ateliers pour les jeunes de la localité
- Développement d’un centre de formation pour les jeunes qui souhaitent se fixer dans leur village.
Ce sont les perspectives envisagées au moment du démarrage du projet et que nous souhaitons pouvoir progressivement développer.

